Sommaire
Introduction et historique
Compressport commercialise aujourd’hui deux ceintures. La Free Belt qui propose un petit volume et s’adresse plutôt au running. La Free Belt Pro qui monte à 3,5 litres, ajoute des porte-bâtons et un porte-dossard, ce qui l’oriente vers le trail et vers des sorties plus longues.
La 2.0 remplace la Free Belt Pro 1.0. J’utilise cette première version depuis plus de deux ans, sur beaucoup de courses dont plusieurs ultras, et elle a fini par accuser le coup. La nouvelle version reprend la même base et fait évoluer plusieurs points, sans bouleverser la construction.
Deux précisions avant d’entrer dans le sujet. Ce test n’est pas rémunéré et la marque m’a fourni le produit. Compressport est par ailleurs partenaire du podcast, pas des tests matériels, ce qui constitue un conflit d’intérêts potentiel. Vous jugerez du crédit à accorder à ce qui suit.
J’ai reçu la ceinture le jeudi précédant l’UT4M. J’ai fait un footing de 30 minutes avec, puis je suis parti le samedi sur 100 km et près de 6000 m de dénivelé positif. Je l’ai gardée 17 heures sans l’enlever une seule minute. Le point de comparaison reste la version 1, que j’avais portée 21h30 sur l’Échappée Belle 2025 dans les mêmes conditions.
Caractéristiques techniques de la Free Belt Pro 2.0
- Poids ➡️ 79 grammes annoncés, 67 grammes en S.
- Matériaux ➡️ 87 % polyamide, 12 % élastane, 1 % polypropylène.
- Volume ➡️ 3,5 litres, compartiment en mesh extensible qui s’adapte au volume transporté.
- Positionnement ➡️ Bas, sur les hanches, où haute sur la taille, au choix.
- Nombre de poches ➡️ 1 seul compartiment, en rangement à 360°, avec deux couches de hauteur différente : la couche intérieure, côté corps, est plus basse que la couche extérieure pour faciliter l’accès au contenu.
- Porte bâtons ➡️ Oui, par élastiques à l’arrière, désormais disposés en diagonale (en forme de A) et non plus à la verticale.
- Tailles disponibles ➡️ S, M, L, XL (contre XS/S, M/L et XL/XXL sur la V1).
- Autres informations ➡️ Porte-dossard intégré, avec un stoppeur fixé, et maintenant en 2 parties, en boucle. Tirettes réfléchissantes en matériaux rigide désormais. Conception sans couture. Quatre coloris. Garantie 2 ans.
- Prix catalogue ➡️ 45 €.
Évolution des tailles
C’est le changement le plus important de cette version. Le modèle passe de trois à quatre tailles, avec du S, du M, du L et du XL, alors que la version 1 proposait du XS/S, du M/L et du XL/XXL. Les plages ne se chevauchent plus et couvrent 6 cm chacune, le S allant jusqu’à 97 cm de tour de hanches, le M de 97 à 103 cm et le L de 103 à 109 cm.
L’écart se voit à l’œil nu quand on met les deux plus petites tailles côte à côte. L’ancien XS/S était trop grand pour certain.e.s coureurs.euses, moi compris. J’avais dû recoudre les miennes sur les côtés pour réduire le tour et les ajuster à ma taille.
Cet ajustement a un effet direct sur la stabilité. Une plage de taille plus étroite donne une ceinture plus proche de la morphologie, donc mieux tendue autour du bassin, ce qui limite le ballottement sans rien changer aux matériaux.
Confort
Je ne trouve aucun changement du côté du confort, et c’était déjà le point fort du modèle. Le tissu reste doux, léger, aéré et très élastique, avec une construction annoncée sans couture, ou du moins avec le minimum de coutures possible.
Sur les 17 heures de l’UT4M, je n’ai relevé ni rougeur ni frottement. Le constat était le même sur 21h30 avec la version 1. Parmi les ceintures que j’ai utilisées, je n’en connais pas d’autre qui tienne ce niveau de confort sur cette durée.
Stabilité
Le gain existe sur la version 2.0 par rapport à la première, mais il reste modéré. La version 1 correctement ajustée était déjà stable, et c’est bien ce qui me fait penser que l’amélioration vient surtout du taillant. Le tissage ne semble pas avoir changé, les proportions de matériaux non plus, et les bandes de maintien restent identiques.
Je contrains assez fortement la ceinture à l’usage, puisque je cours avec une flasque de 600 ml à l’avant. Ce format en tube pénalise en général la stabilité des ceintures. Sur 17 heures de course, je n’ai pas eu de sensation de rebond.
Volume
Les 3,5 litres de la ceinture se répartissent dans un compartiment unique en mesh extensible, sur 360°, sans aucune segmentation intérieure. L’organisation reste donc à la charge de l’utilisateur, sans poche dédiée aux clés ou au téléphone.
Sur l’UT4M, j’avais la veste de pluie à l’arrière avec les bâtons par-dessus, ce qui crée une couche intermédiaire et évite le contact direct des bâtons avec le dos. À l’avant, j’avais la flasque de 600 ml et le dossard. La couverture de survie, la crème solaire et un bandage occupaient le côté droit, les gels le côté gauche. Sur une autre sortie, j’ai emporté mon petit drone, mon téléphone en plus des bâtons et de l’eau.
Le chargement joue dans les deux sens. Plus vous remplissez, plus vous sollicitez la ceinture sur la stabilité, mais plus vous la tendez aussi, ce qui la plaque contre le corps.
Ergonomie
Les évolutions sont réelles et restent légères, parce que la version 1 était déjà bien pensée sur ce point.
Les porte-bâtons passent d’une position verticale à une position en légère diagonale, en forme de A (les attaches supérieures sont plus vers le centre du dos que celles du bas). Le passant du bas se trouve donc moins loin et s’attrape plus facilement, ce qui change quelque chose au rangement des bâtons en course. C’est l’évolution que je remarque le plus.
Le bord extérieur de la poche se situe désormais plus haut que le bord intérieur, sur tout le tour de la ceinture. L’idée consiste à attraper systématiquement le bord extérieur pour accéder au contenu de la ceinture. Personnellement, j’attrape toujours les petits passants avec le doigt par habitude, donc je ne vois pas de différence, mais d’autres y trouveront un gain.
Le porte-dossard adopte une forme en boucle avec un stoppeur désormais cousu. Sur l’ancienne version, ce stoppeur pouvait sortir complètement et se perdre, ce que plusieurs utilisateurs avaient signalé. Les tirettes d’ouverture sont réfléchissantes, ce qui aide à être vu de nuit.
Durabilité
Je manque de recul sur cette version, mais l’historique aide. Ma Free Belt Pro 1.0 a plus de deux ans et beaucoup de courses au compteur. Elle est fatiguée, ce qui reste normal, et ses passants élastiques n’ont toujours pas cassé.
Ces passants deviennent rigides sur la 2.0, ce qui devrait allonger leur durée de vie. Le produit est fabriqué en Turquie et garanti deux ans.
Ce que j’ai moins aimé
Je ne relève pas de défaut à l’usage. Il manque en revanche une taille dans la grille. Le S couvre tout ce qui se situe en dessous de 97 cm de tour de hanches, sans borne basse, alors que les autres plages font 6 cm.
Mes hanches mesurent 90 cm pour 1m87 et 80 kg. Avec des plages régulières, je me situerais donc sous la borne haute d’un XS qui n’existe pas, et je reste aujourd’hui dans un S un peu large. Je vais probablement le refermer légèrement comme je l’ai fait sur les précédentes. Le raisonnement vaut surtout pour les gabarits plus fins que le mien, notamment des coureuses menues, pour qui la ceinture risque d’être trop grande et donc instable.
Le marché ne propose pas beaucoup de ceintures pour les petites tailles. L’ajout d’un XS rendrait service à pas mal de monde.

Conclusion
Sur le papier, la fiche produit annonce peu de changements et on pourrait conclure à une mise à jour cosmétique. Les matériaux ne bougent pas, le volume reste à 3,5 litres, le confort ne change pas et l’ergonomie évolue à la marge. Le prix reste fixé à 45 € pour un poids annoncé de 79 g, avec 67 g relevés sur ma S.
À l’usage, la révision du taillant fait pourtant une différence concrète. Une ceinture réellement à la taille se tend mieux, bouge moins et évite le bricolage auquel j’avais dû me résoudre sur les versions précédentes.
Le rapport confort, volume et stabilité reste le meilleur que je connaisse dans cette catégorie. Les ceintures plus stables que j’ai testées gagnent peu sur ce critère et perdent en confort, au point que je ne les garde pas plus de trois ou quatre heures. Les autres offrent moins de volume.
Elle convient à deux usages. Elle fonctionne seule sur des courses en autonomie, y compris sur des formats longs quand les ravitaillements et les points d’eau sont fréquents. J’ai couru un 30 km avec elle seule, et j’envisagerais un format 60 km dans les mêmes conditions. Elle fonctionne aussi en complément d’un sac, pour répartir la charge sur des ultras, en association avec l’Ultrun Evo Pack pour ma part.
Le profil visé rassemble des coureurs et des coureuses qui cherchent à alléger leur portage sur des sorties longues, qui acceptent d’organiser eux-mêmes un compartiment unique, et dont le tour de hanches dépasse 90 cm. En dessous, la question de la taille se pose vraiment.












