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Vous cherchez un test des Cascadia Elite de Brooks ? Cet article est pour vous !
Il faut que je sois honnête avec vous dès le départ. C’est la toute première fois que je mets le pied dans une Brooks, et pas seulement dans le cadre de Courir Mieux. Je ne pourrai donc pas vous proposer de comparaisons internes à la marque, entre la Cascadia Elite et les autres modèles du catalogue. En revanche, je peux vous proposer autre chose, parce que la Cascadia Elite se présente comme une super shoe de trail, un modèle très haute performance destiné aux formats longs et aux ultras. J’ai testé plusieurs chaussures de cette catégorie ces derniers mois, et c’est donc à elles que je vais la confronter.
Caractéristiques techniques des Cascadia Elite
- Poids ➡️ 266,5 grammes en 42,5. 323 grammes en 46 2/3.
- Hauteur du stack arrière/avant ➡️ 40 / 34 mm.
- Drop ➡️ 6 mm.
- Plateforme ➡️ 120 mm à l’avant-pied, 90 mm au médio-pied, 105 mm au talon.
- Tige ➡️ Matryx tissée monocouche avec fils en Kevlar. Col arrière en maille extensible faisant office de guêtre remontante.
- Laçage ➡️ Lacets plats et crantés pour prévenir le délaçage. 5 à 6 oeillets renforcés. Élastique de maintien des lacets au milieu de la languette.
- Semelle extérieure ➡️ Vibram Megagrip Elite sur base Litebase. Crampons bidirectionnels de 3,5 mm, avec 3 dessins (en V, en Z et en 8) complétés de mini-crampons au centre.
- Semelle intermédiaire (amorti) ➡️ DNA GOLD, mousse 100 % PEBA. Deux couches de densité identique de part et d’autre de la plaque.
- Largeur du chaussant ➡️ Normal à large. Chaussant unisexe, médio-pied large, toebox spacieuse.
- Plaque ➡️ Plaque carbone Pebax (SpeedVault+, nom officiel) en Pebax. Serait en fer à cheval sur le pourtour plutôt qu’en plaque pleine (pas d’informations supplémentaires).
- Autres informations ➡️ Petit pare-pierres avant court. Coque talon à l’arrière qui ne déborde pas latéralement. Rembourrage talon et cheville pour le confort dans cette zone. Résistante à la torsion transversale, moins prononcée en longitudinal. Rocker prononcé.
- Prix catalogue ➡️ 250 €.
Mon test des Cascadia Elite
J’ai couru entre 50 et 60 km avec ce modèle, avec surtout une sortie longue de 6 h 30 en reconnaissance d’une portion du 100 miles de Nice UTMB. Cette portion était moins technique et moins accidentée que celle que j’avais empruntée avec la S/Lab Genesis 2, mais elle comportait quand même des passages cassants et des pentes bien raides. J’ai donc eu droit à une belle variété de terrains dès mes premières utilisations, ce qui m’a permis de me faire un avis assez complet.
Une Tecton X3 augmentée ?
C’est la première comparaison qui m’est venue en tête, et elle est arrivée très vite, dès les premières foulées. Je me suis dit que je courais avec une Hoka Tecton X3, mais améliorée sur plusieurs points.
Je précise que je n’ai pas réalisé de test complet de la Tecton X3, mais que j’ai couru trois fois de vraies distances avec, lors de sessions de testing. Je ne peux pas non plus la comparer à la X4, qui vient de sortir et que je ne connais pas. Gardez donc cette comparaison comme un repère de sensations, parce qu’elle revient plusieurs fois dans ce test.
Le confort
Le confort de la Cascadia Elite est prononcé, mais il se mérite un peu. Sur les quinze à vingt premiers kilomètres, j’ai trouvé l’amorti assez raide pour une super shoe. Ça m’a presque surpris, parce que je m’attendais à retrouver le moelleux immédiat que j’avais eu avec du PEBA sur la On Cloudultra Pro. Il faut simplement laisser passer une vingtaine de kilomètres pour que la mousse s’assouplisse, et là on obtient quelque chose de très moelleux et de très agréable sous le pied.
Une fois cette phase passée, la Cascadia Elite fait partie des chaussures qui offrent le plus de moelleux sous le pied parmi celles que je connais. J’en ai eu une belle démonstration, puisque ma sortie de 6 h 30 était à peine ma deuxième utilisation du modèle. C’était risqué et pourtant tout s’est très bien passé sur le plan du confort.
Dans la chaussure, le bilan est tout aussi bon. Les structures de rembourrage au niveau du talon et de la cheville font parfaitement le job. Le Matryx se trouve en contact direct avec le pied à l’avant, comme sur la S/Lab Genesis 2, et je le trouve plus agréable que le mesh de la Cloudultra Pro, qui séchait très bien mais restait un poil rugueux.
Je note aussi un bon filtre terrain, sans doute lié à la combinaison de la mousse et de la plaque. L’effet n’est pas extrême, mais il est bien présent et il lisse un peu les appuis. Cette qualité prend tout son sens sur de l’ultra, parce que passer 10, 15 ou 20 heures dans une chaussure demande beaucoup de confort. La Cascadia Elite répond présent sur ce terrain.
Le dynamisme
Pour que la comparaison soit juste, je la situe uniquement face à d’autres super shoes de trail. Dans ce classement, je la place derrière l’Asics Metafuji Trail 2, qui reste la plus dynamique de toutes, et derrière la The North Face Vectiv Pro 3. Je la trouve très proche de la On Cloudultra Pro, au point que je n’arrive pas vraiment à les départager. Elle se montre en revanche plus dynamique que la Merrell SpeedArc Peak.
Je me suis longtemps demandé si son point fort était le dynamisme ou plutôt le déroulé du pied, car ce ne sont pas exactement les mêmes choses. Ma réponse penche clairement vers le second. Le rocker se ressent vraiment à la course, et c’est presque ce que je préfère sur cette chaussure. Sur ma reconnaissance, j’avais une longue montée sur piste DFCI à 5 %, du plat sur un sentier large au milieu, puis une grande descente sur piste à 6 ou 7 % pour finir. Dans ces conditions, je me suis régalé, avec un déroulé du pied vraiment facilité.
Ce que l’on ne retrouve pas, c’est la sensation d’une mousse qui renvoie beaucoup d’énergie. Le retour existe, mais il reste léger. Cette chaussure est confortable avant d’être explosive.
La stabilité et le maintien
Je m’attendais à mieux en terme de stabilité, et c’est la déception de cette chaussure. La Cascadia Elite se montre assez instable, surtout à l’arrière du pied. Elle n’est pas catastrophique, mais elle se situe à peine au-dessus de la Tecton X3, que j’avais trouvée vraiment très instable.
À l’avant du pied, je n’ai rien à redire. La plateforme est large, la raideur est prononcée, et on est bien posé. Le problème vient de l’arrière. La coque talon apporte un peu de tenue au niveau du tendon d’Achille, mais les contreforts latéraux restent extrêmement souples et se plient sans résistance. Le pied bouge donc et vrille assez facilement dès que le terrain devient cassant. Ça ne m’a pas mis en difficulté, mais ça m’a fait ralentir par moments pour rester prudent.
Je dois préciser que je ne me suis jamais tordu la cheville avec ce modèle, alors que j’ai les chevilles très souples et que je pose assez facilement les malléoles au sol. En revanche, à la fin de ma sortie de 6 h 30, je sentais nettement mes fibulaires, ces muscles qui stabilisent le pied et contrôlent les oscillations latérales. Ils avaient clairement travaillé.
Le maintien, lui, est bon. La chaussure ne fait pas sa vie autour du pied, et je pense que le Matryx non élastique et les lacets crantés y sont pour beaucoup. Le mesh ne bouge pas d’un centimètre et le laçage verrouille vraiment. Le pied ne se promène donc pas à l’intérieur, mais quand la chaussure vrille, le pied vrille avec elle.
Le chaussant
Le fit est moyen à large, avec une toe box spacieuse. J’ai le pied fin et j’avais trop de place dedans, ce qui m’obligeait à bien serrer. Si vous avez le pied moyen ou large, vous devriez vous sentir très bien dans ce modèle. Si vous avez le pied fin comme moi, une autre chaussure vous conviendra sans doute mieux.
Je pense d’ailleurs que ce point a pu influencer mes sensations de stabilité, et je préfère vous le dire.
La précision
Ce n’est pas une chaussure précise, et on a peu de sensations sous le pied. Elle n’est pas faite pour venir mordre sur de petits bouts de roche comme peuvent le faire une Merrell Agility Peak 6 ou une S/Lab Genesis 2, qui appartiennent à d’autres catégories. Même à l’intérieur du segment des super shoes de trail, si vous cherchez de la précision, il vaut mieux regarder du côté de la SpeedArc Peak. Ne l’emmenez donc pas sur des terrains où vous devez poser la pointe des pieds, car vous seriez déçus.

L’accroche
Voilà le point qui m’a le plus étonné, et dans le bon sens. En déballant la chaussure et en voyant ces crampons de 3,5 mm, je me suis dit que l’accroche allait me décevoir. J’avais tort.
Je suis monté dans une pente vraiment très raide lors de ma reconnaissance, du 25 à 30 % facile sur la nouvelle portion du départ du 100 miles de Nice, dans un secteur forestier. C’est typiquement le genre d’endroit où le pied décroche si la semelle ne mord pas assez. La chaussure n’a pas bougé.
Je pense que la faible profondeur des crampons est compensée par le Vibram Megagrip Elite, qui reste la gomme la plus accrocheuse de chez Vibram, et par le dessin de la semelle. La réflexion menée sur ces dessins me semble aboutie, et le combo fonctionne bien pour les conditions dans lesquelles j’ai couru.
L’adhérence
J’ai terminé ma sortie longue sous la pluie, dans une petite forêt où se trouvaient des roches humides. J’ai eu deux ou trois moments où ça glissait franchement. Vibram est pourtant réputé pour son adhérence, et je ne l’ai pas retrouvée ici.
Est-ce le dessin de la semelle ? Est-ce la base Litebase qui modifie quelque chose au comportement de la gomme ? Je n’ai pas les connaissances nécessaires pour vous l’expliquer. Je peux simplement vous livrer mes sensations, à savoir que l’adhérence sur roche mouillée et sur bois humide n’a rien d’exceptionnel. Le phénomène reste peu fréquent, mais il mérite votre vigilance.
La durabilité
Avec une cinquantaine de kilomètres au compteur, je manque encore de recul pour trancher. Ce que je peux vous dire, c’est que je ne constate aucune usure précoce. Aucun morceau de gomme ne se décolle et aucune zone de mousse n’est abîmée.
Je nuance quand même ce constat, car je l’ai utilisée sur des sentiers plutôt faciles et je ne l’ai pas beaucoup frottée. Si vous possédez ce modèle depuis longtemps, votre retour en commentaire sera précieux pour la communauté.
Le poids
Je l’ai pesée à 323 g dans ma pointure en 46 2/3. Elle est donc plus lourde que la Metafuji Trail 2, qui reste la plus légère de toutes celles que j’ai utilisé en comparatif pour ce test. Elle se situe juste sous la Cloudultra Pro, avec 10 g d’écart, autant dire rien du tout. Elle est enfin plus légère que la Vectiv Pro 3 et que la SpeedArc Peak. Elle occupe donc une position médiane dans sa catégorie.
L’évolution des sensations
Je veux insister sur ce point, parce qu’il m’a vraiment marqué. Cette chaussure gagne presque en dynamisme après les vingt premiers kilomètres. Le rocker se ressent davantage, la mousse s’assouplit, et le déroulé devient plus fluide. Je l’ai trouvée nettement moins balançante lors de mes premiers footings que lors de ma sortie longue.
Ce que j’ai moins aimé
Il n’y a pas énormément de choses à reprocher à ce modèle, et je tiens à le souligner. Mon vrai regret concerne la stabilité, surtout à l’arrière du pied. J’aurais aimé un peu de coquage supplémentaire, comme on en trouve sur la Vectiv Pro 3 ou sur la SpeedArc Peak, dont l’arrière renforcé bloque bien le talon.
Cet argument me semble d’autant plus important que la chaussure vise l’ultra et la haute performance. Quand nos stabilisateurs travaillent pendant des heures, ils fatiguent, ils tirent, et le risque de se tordre une cheville augmente mécaniquement. Un peu de tenue en plus aurait fait du bien sur les formats les plus longs.
Je note aussi la largeur à l’avant, qui reste un point de vigilance pour les pieds fins comme le mien.

Conclusion – Pour quelles utilisations ?
Pour 250 €, la Cascadia Elite trouve sa place sur les trails longs et sur les ultras. Son poids ne plaide pas pour les formats courts, où des modèles plus légers vous serviront mieux. Dès qu’on atteint la cinquantaine de kilomètres, puis les 80, les 100 et les formats type UTMB, elle prend tout son sens.
Je la vois comme une concurrente directe de la Metafuji Trail 2 et de la Cloudultra Pro. Ces trois modèles se situent dans la même lignée, celle de la super shoe pensée pour aller chercher la performance sur les très longues distances. Dans ce trio, la Cascadia Elite se distingue par son confort, qui est selon moi son vrai point d’avance. Elle est par exemple plus confortable que la Vectiv Pro 3 pour un déroulé finalement assez similaire.
Elle vous plaira si vous avez un pied moyen à large et si vous cherchez une chaussure qui déroule sur des terrains roulant. Je l’éviterais en revanche si vous avez le pied fin ou les chevilles fragiles. Je la réserverais aussi à des courses au terrain facile et sans mauvaise surprise, comme un UTMB, un Templiers ou une SaintéLyon. Si vous passez votre temps à courir dans Belledonne, passez votre chemin, car vous n’y prendrez pas de plaisir.









