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La S/Lab Genesis 2 succède à un modèle dont la réputation n’est plus à faire. La première du nom avait marqué par sa robustesse et par son ADN montagne, et elle fait partie de mes tout premiers tests matériels sur la chaîne. J’attendais donc cette version 2 avec beaucoup de curiosité. Je l’ai emmenée sur six sorties, principalement en reconnaissance du parcours du 100 miles de Nice UTMB, sur la première portion qui est la plus raide et la plus technique. Comme la chaussure est présentée pour ce type de terrain, c’est là que je l’ai testée en priorité.
Ekosport accompagne ce test
Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à remercier Ekosport, avec qui Courir Mieux collabore à l’occasion de ce test, et grâce à qui j’ai la chance de vous présenter cette S/Lab Genesis 2.
Ekosport est une enseigne spécialisée dans l’outdoor et le trail running, qui utilise ses 20 ans d’expérience pour proposer une large gamme de produits aux passionnés de sport en nature comme aux athlètes les plus exigeants à la recherche du meilleur matériel. Ce que j’apprécie beaucoup, c’est que l’enseigne s’ancre aussi dans des valeurs de proximité et de conseil de qualité, personnalisé et individualisé, pour répondre au mieux à vos besoins. J’ai d’ailleurs récupéré cette chaussure directement en magasin, où les conseillers, qui sont tous des traileurs, ont pris le temps de m’accompagner et de répondre à mes questions avec une vraie expertise.
Si vous êtes traileur ou traileuse en quête de matériel adapté à vos objectifs et à vos terrains d’entraînement, Ekosport est une adresse incontournable que l’on est ravi de vous recommander chez Courir Mieux.
Caractéristiques techniques de la S/Lab Genesis 2
- Poids ➡️ 269 grammes en 42 2/3 (contre 255 grammes sur la V1). 300 grammes en 46 2/3.
- Hauteur du stack arrière/avant ➡️ 31 / 25 mm (contre 34 / 26 mm sur la V1).
- Drop ➡️ 6 mm (contre 8 mm sur la V1).
- Plateforme ➡️ Approximativement 115 mm à l’avant-pied, 80 mm au médio-pied, 93 mm au talon.
- Tige ➡️ Matryx Micro, tissage de fils de Kevlar. Col arrière en maille extensible (mais n’est pas vraiment une guêtre).
- Laçage ➡️ Quicklace 5 oeillets avec poche de rangement à chargement par le dessus.
- Semelle extérieure ➡️ All-Terrain Contagrip. Crampons bi-directionnels de 4,5 mm et de 4 formes (en V, en triangle, en losange, et en lame). Canal central en X sans crampons.
- Semelle intermédiaire (amorti) ➡️ Double densité. optiFOAM² (eTPU, comme l’Aero Glide 4) à l’avant et au médio-pied, optiFOAM (EVA) au talon. activeCHASSIS redessiné, moulé dans la mousse à l’extérieur, et à l’intérieur plutôt une remontée comme sur la Ultra Glide.
- Largeur du chaussant ➡️ Normal.
- Plaque ➡️ Aucune. Présence annoncée d’un film profeelFILM en guise de filtre terrain.
- Autres informations ➡️ Pare-pierres avant laminé. Talon à peine plus rigide que sur la V1. Résistante à la torsion moyenne, surtout à l’arrière pied. Languette matelassée. Doublure interne endoFit jusqu’aux orteils. Léger rocker à peine perceptible.
- Prix catalogue ➡️ 200 €.
- Fiche technique ➡️ à retrouver ici, sur le site d’Ekosport.
La S/Lab Genesis 2 occupe le créneau montagne de la gamme
Salomon organise sa gamme trail selon deux logiques, avec d’un côté les modèles S/Lab orientés performance et de l’autre les déclinaisons gamme, un peu moins pointues. Trois grandes familles structurent aujourd’hui l’essentiel de l’offre. La Pulsar joue la carte de la vitesse et des formats plutôt courts, même si certains athlètes l’emmènent sur des distances bien plus longues. Les Ultra Glide, dont je vous ai proposé les tests récemment, sont plus imposantes, plus maximalistes, plus confortables et plus lourdes, avec une vraie polyvalence de terrain. La Genesis, elle, assume un positionnement montagne, taillé pour le terrain technique et accidenté.
La version gamme de la Genesis 2 vient également de sortir et mon test est encore en cours. Je ne ferai donc pas beaucoup d’allers-retours entre les deux, d’autant que mes premières sensations donnent deux chaussures vraiment différentes. Je comparerai plutôt cette S/Lab Genesis 2 à la S/Lab Genesis 1 et à d’autres modèles que je connais bien.
Mon avis sur la S/Lab Genesis 2
Un confort qui évolue au fil des kilomètres
À la sortie de la boîte, le confort n’est franchement pas son point fort. La chaussure est raide, il y a très peu de moelleux sous le pied, et j’ai immédiatement pensé à la Scarpa Spin Ultra 2 que je vous ai testée il n’y a pas longtemps. Après une trentaine ou une quarantaine de kilomètres, elle s’assouplit nettement et le moelleux apparaît sous le pied. On n’arrive jamais à une chaussure très amortissante, mais on atteint un amorti que je qualifierais d’intermédiaire, et ça fait du bien. Par rapport à la V1, l’évolution va clairement dans le bon sens, et je prends plus de plaisir à courir avec celle-ci.
À l’intérieur, il faut savoir que la chaussure reste assez légère en structure. Il n’y a quasiment aucun rembourrage, si ce n’est l’Endofit qui adoucit un peu le contact entre l’empeigne et le pied. On est loin des doublages que l’on trouve sur la S/Lab Ultra Glide 1.5, qui joue une tout autre partition sur ce terrain.
Un point mérite d’être signalé. Lors d’une descente vraiment raide, j’ai beaucoup resserré le Quicklace pour gagner en maintien, et j’ai ressenti des frottements irritants au niveau des œillets les plus hauts, contre la cheville. Cela ne m’est arrivé qu’une seule fois sur l’ensemble de mes sorties, et j’ai simplement desserré pour que la gêne disparaisse. Je ne sais pas si le responsable est l’œillet, le cordon du Quicklace ou autre chose, mais si vous avez besoin de serrer très fort, gardez cette possibilité en tête.
Le dynamisme adapté
Il y a très peu de rocker sur cette chaussure, au point qu’il en devient presque imperceptible, et la mousse ne cherche pas la relance. La comparaison avec la V1 reste très favorable puisque la mousse a changé et que le dynamisme a progressé, mais cela ne fait pas de la Genesis 2 une chaussure dynamique pour autant.
Est-ce vraiment un défaut ? Je n’en suis pas certain, parce que ce n’est pas là qu’on l’attend. J’avais fait exactement la même remarque sur la Scarpa Spin Ultra 2 et sur la Merrell Agility Peak, qui jouent dans le même segment. Une mousse très dynamique résiste en général moins bien à la torsion et se montre moins agréable en terrain accidenté, donc ce choix me semble cohérent avec le programme de la chaussure.

Une stabilité et un maintien améliorés
C’est ici que la S/Lab Genesis 2 sort le grand jeu. Elle est très stable, elle maintient bien le pied et elle se tord nettement moins à l’arrière que la version précédente. C’était l’un de mes reproches sur la V1, dont l’arrière très souple laissait vite le pied vriller dès que le terrain devenait vraiment technique, un peu comme ce que je décrivais dans mon test de la Hoka Speedgoat 7. Le châssis a été redessiné et les plaques latérales ont disparu au profit d’une structure moulée dans la mousse, et le talon gagne un peu de raideur. Le résultat se sent sous le pied, avec une chaussure qui ne se dérobe pas et dans laquelle on avance en confiance sur du cassant.
L’abaissement du stack et le drop ramené à 6 mm participent aussi à cette sensation. Après une série de tests sur des modèles très hauts, j’ai retrouvé avec plaisir une chaussure basse, proche du sol, qui transmet beaucoup d’informations. Mes sensations se sont rapprochées de celles que j’avais eues sur la Merrell SpeedARC Peak, testée récemment, qui joue elle aussi la carte de la proximité au sol.
Gardez toutefois en tête qu’il n’y a pas de contrefort rigidifié, contrairement à la Scarpa Spin Ultra 2 ou à la La Sportiva Prodigio 2, qui reste selon moi les modèles les plus proches de cette Genesis 2. La chaussure conserve donc une certaine mobilité en torsion. Personnellement, j’aurais aimé un talon un poil plus raide, mais je sais que beaucoup de coureurs adorent justement cette liberté et retrouveront ici l’esprit de la V1, avec juste ce qu’il faut de tenue en plus.
Le chaussant vise les pieds normaux
Il n’y a pas de toe box élargie sur ce modèle, exactement comme sur la première S/Lab Genesis. Si vos pieds ont besoin de beaucoup d’espace, cette chaussure n’est pas faite pour vous et il faudra regarder du côté d’un modèle au chaussant plus généreux. Pour un pied normal, le fit est bon. J’ai le pied fin et je l’ai trouvée un poil large, avec le même besoin de serrage que sur la V1, donc le chaussant n’a pas évolué de ce côté-là.
En revanche, j’ai trouvé la chaussure vraiment précise. La stabilité, le maintien et la largeur contenue permettent de poser l’avant du pied sur des appuis escarpés en toute confiance. On retrouve un peu ce que j’aimais sur la Spin Ultra 2, et cette précision reste très agréable en terrain technique.

L’accroche marque le plus gros progrès
Salomon a sérieusement revu ses crampons de 4 mm, en quantité comme en dessin, et cela se ressent immédiatement. Je n’ai plus eu cette sensation de manque que j’avais parfois avec la V1. L’accroche se montre vraiment bonne dans énormément de situations, avec un travail sur le dessin de la semelle qui me semble abouti.
La marque reste fidèle à son Contagrip plutôt que de basculer vers du Vibram Megagrip, que je trouve toujours un cran au-dessus. Malgré cela, je n’ai quasiment jamais eu de mauvaise surprise, et les rares dérobages se comptent sur les doigts d’une main. Entre la Prodigio 2 et cette S/Lab Genesis 2, les niveaux d’accroche me paraissent d’ailleurs assez similaires.
L’adhérence reste une petite inconnue
Je n’ai pas rencontré de conditions humides pendant toute la durée du test, donc mon retour manque forcément de matière. Le Contagrip est parfois critiqué sur ce terrain, et j’avais moi-même trouvé un peu juste l’adhérence des Ultra Glide 4 et S/Lab Ultra Glide 1.5.
Ce que je peux vous dire, c’est que je suis monté à la Dent de Crolles avec elles juste avant d’enregistrer, et que sur les dalles polies par le passage, ça n’adhère pas très bien. J’ai l’impression qu’un Vibram ferait mieux dans cet exercice. J’ai aussi l’impression, en réenfilant la V1 pour comparer, que la gomme a malgré tout progressé entre les deux versions.
La chaussure change vite dans les premiers kilomètres
Je veux vraiment insister sur ce point avant de conclure. Entre le moment où vous essayez la chaussure en magasin et ce que vous ressentirez 40 ou 50 bornes plus tard, l’écart est réel. Le confort augmente, la grosse raideur initiale s’estompe, et la stabilité comme l’accroche perdent un tout petit peu de leur mordant. Cette chaussure fait clairement partie de celles qui évoluent le plus dans leurs premiers kilomètres, donc ne jugez pas trop vite après une simple séance d’essayage.
La durabilité s’annonce au niveau de la V1
Je manque encore de recul pour vous donner un verdict définitif sur la durabilité. Ce que je constate, après une reconnaissance exigeante et plusieurs sorties en terrain accidenté, c’est qu’aucune zone ne montre d’usure prématurée. Aucun morceau de mousse ne s’arrache, aucun fil de la tige ne bouge. La construction en Matryx micro reste une référence de robustesse, et tout laisse penser que la Genesis 2 hérite de la durabilité qui a fait la réputation de sa grande sœur.
Le poids reste contenu
Je l’ai pesée à 300 g dans ma pointure en 46 2/3, soit une dizaine de grammes de moins que la V1. Face aux modèles qui lui ressemblent le plus, elle sort plutôt bien puisqu’elle pèse une trentaine de grammes de moins que la Prodigio 2 et que la Spin Ultra 2, et cette différence se ressent à l’usage. Dans une période où les poids augmentent de manière générale, elle se situe donc du bon côté de la balance pour sa catégorie.

Des défauts ?
Honnêtement, je ne vois pas de vraie zone d’ombre sur ce modèle. Je vois surtout des partis pris qui plairont à certains et déplairont à d’autres, comme cet arrière qui conserve de la souplesse.
Le seul reproche concret que je note reste cette histoire d’œillets qui m’ont irrité la cheville lors d’un gros serrage. J’aurais aussi aimé un chouïa plus de raideur et un peu plus de dynamisme, mais je mesure bien que ces deux souhaits impliqueraient des compromis ailleurs, notamment sur la tenue en torsion et sur le comportement en terrain cassant. La Merrell SpeedARC Peak reste à peu près le seul modèle que je connaisse à réussir ce croisement entre une mousse dynamique et une chaussure raide pensée pour la montagne, et elle y parvient grâce à une plaque carbone, au prix d’un poids nettement supérieur.
Cette chaussure s’adresse aux amoureux de la montagne
Pour 200 €, la S/Lab Genesis 2 tombe pile dans le programme qu’elle annonce. Elle excelle sur les trails alpins, elle se montre à l’aise dans le technique et l’accidenté, et elle rassure ceux qui cherchent une chaussure robuste capable d’encaisser des terrains abrasifs sans partir en lambeaux. Elle conviendra particulièrement aux coureurs qui veulent garder un peu de mobilité du pied plutôt qu’une chaussure qui contraint tout.
Si vous courez surtout sur du roulant et que vous aimez dérouler vite, passez votre chemin. L’offre actuelle regorge de modèles bien plus adaptés à cet usage. La S/Lab Genesis 2 est la chaussure de montagne de Salomon, et elle l’assume pleinement, aux côtés de ce que proposent Scarpa, La Sportiva ou Merrell sur ce créneau.
Je retiens une évolution maîtrisée
Salomon n’a pas cherché à tout changer, et c’est une bonne nouvelle. La marque a ciblé quelques points d’amélioration et les a traités avec justesse, avec un peu plus d’accroche, un peu plus de dynamisme et un peu plus de raideur grâce au nouveau châssis. L’ADN de la S/Lab Genesis reste intact, ce qui devrait ravir les amoureux de la V1.

















