Test Off-Trail Ultra, The North Face élargit sa gamme vers la montagne

Publié le 2 Oct 2026 · Par Cyril Forestier · Temps de lecture ~8 min.

Test Off-Trail Ultra, The North Face élargit sa GAMME vers la MONTAGNE, et c’est une REUSSITE

Test Off-Trail Ultra, The North Face élargit sa GAMME vers la MONTAGNE, et c’est une REUSSITE

Sommaire

Après la Vectiv Pro 3 que j’avais adorée l’an dernier, je vous propose mon deuxième test d’une chaussure The North Face avec la Offtrail Ultra. La Vectiv Pro 3 m’avait vraiment convaincu dans son domaine d’utilisation, celui des courses très roulantes où l’on peut dérouler la foulée. Je l’avais d’ailleurs portée sur les Templiers 2025. Ce modèle très haut de gamme, vendu autour de 250 €, vise clairement la performance et la longue distance plutôt que le grand public.

Sortie en 2026, la Offtrail Ultra partage plusieurs points communs avec elle, mais The North Face l’a adaptée à un public plus large et à une plus grande variété de terrains, montagne comprise. Je l’ai testée sur un peu plus de 60 km, et je vous le dis tout de suite, je la trouve très réussie. J’ai pris énormément de plaisir à courir avec, et je vais vous expliquer pourquoi en la comparant aux modèles dont elle se rapproche.

Caractéristiques techniques de la Offtrail Ultra

  • Poids ➡️ 264 grammes en 42 homme, 300 grammes en 46.
  • Hauteur du stack arrière/avant ➡️ 29 mm au talon annoncés par la marque, soit 23 mm à l’avant-pied.
  • Drop ➡️ 6 mm.
  • Plateforme ➡️ Approximativement 125 mm à l’avant-pied, 80 mm au médio-pied, 98 mm au talon.
  • Tige ➡️ Mesh nylon très fin, presque translucide, quadrillé par un tissage résistant et respirant. Bandes internes thermocollées et renforts TPU. Une guêtre ScreeGuard élastique. Petit pare-pierres frontal.
  • Laçage ➡️ Lacets plats et crantés en 5 oeillets, avec un passant élastique pour les bloquer. Fine languette intégrée au chausson, avec un léger rembourrage sur le cou-de-pied.
  • Semelle extérieure ➡️ Surface Ctrl pleine, allégée d’après la marque Thinweb. Crampons de 5 mm, bi-directionnels à deux dessins (extérieurs et centraux).
  • Semelle intermédiaire (amorti) ➡️ Dreambound double densité, super-mousse infusée à l’azote. Les deux densités sont moulées en une seule opération, ce qui supprime la couche de colle des semelles laminées classiques. La densité la plus ferme habille les flancs et le dessous, la plus souple occupe le cœur.
  • Largeur du chaussant ➡️ Normal.
  • Plaque ➡️ Aucune.
  • Autres informations ➡️ Rocker prononcé. Résistante à la torsion longitudinale, moins en transversale.
  • Prix catalogue ➡️ 160 €.

Confort

Le confort est dans la moyenne, et ça me va très bien. Sur le pied, l’upper est agréable. La guêtre est confortable et de petits renforts moelleux entourent le talon.

L’empeigne en chaussette recouvre tout le dessus du pied et on ne sent quasiment pas les lacets. Le mesh se sent un peu au bout du pied, parce qu’il est rigide et qu’il n’y a pas de couche douce dessous. Avec des chaussettes, je ne l’ai pas senti en courant.

Sous le pied, il faut savoir que l’amorti est plutôt ferme. La semelle intérieure est moelleuse, mais quand j’ai essayé la chaussure sans elle, la mousse m’a paru nettement plus raide. Je m’attendais à quelque chose de plus souple après la Vectiv Pro 3, et on est finalement entre moyen et raide côté moelleux.

Je compare beaucoup cet amorti à celui de la Merrell Agility Peak 6, que je connais bien et que j’utilise souvent. La Offtrail Ultra a peut-être un tout petit peu plus de moelleux, mais on reste dans la même catégorie. Elle n’est pas aussi raide qu’une Scarpa Spin Ultra 2, et elle est bien moins molle qu’une Speedgoat 7.

J’aime les chaussures plutôt raides, donc j’étais content. Si vous cherchez vraiment du moelleux sous le pied, vous ne le trouverez pas ici.

Dynamisme

Le dynamisme est modéré mais présent, et il vient surtout de la géométrie. Le rocker prononcé, qu’on retrouve depuis la Vectiv, donne un effet culbuto qu’on sent dès les premières foulées. Le déroulé du pied s’en trouve vraiment facilité.

Je l’ai trouvé un peu moins marqué que sur la Vectiv Pro 3, mais il accompagne bien la foulée quand on trottine. Avec 300 g en 46 et une plateforme pas trop large, la chaussure reste agile et n’a rien de pataud.

Par contre, la mousse ne m’a pas apporté de retour d’énergie. C’est une des grosses différences avec la Vectiv Pro 3, dont la mousse rebondit vraiment sous le pied, comme celle de la Metafuji Trail. Ici, la mousse est raide, sans doute plus adaptée aux terrains montagneux, et assez basique de ce côté-là.

Le dynamisme vient de la construction plutôt que de l’amorti. On n’a pas le méga dynamisme de la Vectiv Pro 3, mais c’est très agréable dès que le terrain permet de dérouler.

Stabilité et maintien

Il faut savoir que la Offtrail Ultra n’a aucun maintien au talon. L’arrière est extrêmement souple, sans aucune coque. Elle se différencie donc de l’Agility Peak 6, de la Vectiv Pro 3 ou des Scarpa, qui ont un arrière coqué.

Elle se rapproche plutôt de la Salomon S-Lab Genesis 1, qui n’a pas non plus de renfort à l’arrière. À l’usage, je les ai trouvées assez proches. Je me suis même dit que la Offtrail Ultra ressemblait à une Genesis plus agréable dès qu’on veut courir et dérouler.

À l’avant, le maintien est plutôt bon. Le mesh est rigide et ne se déforme pas, contrairement au mesh élastique de la X02 de X-Bionic, donc le pied est bien tenu. À l’arrière, c’est tellement souple que le maintien est moins présent.

Ce n’est pas une chaussure très stable, mais elle n’est pas instable non plus. Je m’attendais à une stabilité proche d’une Tecton X 3 ou d’une Cascadia Elite, qui ont le même genre d’arrière sans maintien. Au final, je l’ai trouvée plus stable qu’une Tecton X 3, et au moins aussi stable qu’une Cascadia Elite.

On est quand même loin de l’Agility Peak 6, de la X02 ou de la Scarpa Spin Ultra 2, qui sont des chaussures très stables. La plateforme n’est pas ultra resserrée et la chaussure vrille peu, donc elle est moins instable que ce que je craignais en voyant son arrière. Selon le terrain, il faut juste être un peu plus attentif à ses appuis, puisque rien ne vient tenir le talon.

Fit

Le fit est bon. La chaussure est proche du pied, j’étais bien dedans, avec un vrai effet d’harmonie pied-chaussure.

Côté taille, je suis d’habitude en 46,5 et j’étais bien en 46 avec ce modèle. Vous pouvez donc envisager de prendre une demi-pointure en dessous.

Précision

La précision est correcte. La chaussure ne se dérobe pas quand on pose le pied sur de petites surfaces, elle suit bien les mouvements du pied et se déforme peu. Avec un rocker aussi marqué, je ne m’attendais pas forcément à ça.

Par contre, je ne suis pas convaincu par la bande tout à l’avant de la semelle. D’après la marque, elle est inspirée des chaussons d’escalade pour mieux adhérer, mais je ne l’ai pas ressenti. Je me demande même si des crampons jusqu’au bout du pied, comme sur la plupart des chaussures de trail, n’auraient pas été mieux.

Ce sont souvent ces crampons qui mordent à l’avant qui font la précision. Si vous cherchez des appuis d’avant-pied très précis, faites juste attention à ça.

Accroche et adhérence

L’accroche est bonne. Les crampons de 5 mm font le job et leur dessin est efficace dans la grande majorité des situations.

Je n’ai senti des limites que sur des terrains raides, instables et glissants, avec des petits graviers qui roulent sous le pied. Là, j’ai eu quelques légers décrochages, mais c’est resté rare. Je n’en ai pas eu plus qu’avec une S-Lab Genesis, mais un peu plus qu’avec l’Agility Peak 6, qui ne bouge jamais.

Je pense qu’une rangée de crampons en plus tout à l’avant, à la place de la grosse bande, aurait encore amélioré l’accroche et la précision.

Sur l’adhérence, je ne peux pas vous en dire grand-chose. Je n’ai pas couru par temps vraiment mouillé, je suis juste passé par une zone humidifiée par une cascade et j’ai posé le pied sur quelques roches mouillées pour voir. La gomme m’a semblé bien adhérer, mais je n’ai pas fait 50 tests non plus. C’est donc à confirmer.

Ce que j’ai moins aimé

Honnêtement, je n’ai pas grand-chose à lui reprocher. C’est une super chaussure, très aboutie et vraiment agréable à utiliser.

Je la compare surtout à l’Agility Peak 6 et à la S-Lab Genesis 1, pas à la Genesis 2 qui est assez différente. Pour moi, ces trois chaussures sont sur le même segment et peuvent se concurrencer.

La Offtrail Ultra est plus courable que la Genesis 1 et un peu plus sympa que l’Agility Peak 6 sur les parties roulantes. Dans les terrains vraiment montagneux, je garde une préférence pour l’Agility Peak 6. The North Face arrive quand même à concurrencer deux grosses références, avec une chaussure agréable en montagne, ce qui n’était pas le cas de la Vectiv Pro 3.

Si je dois trouver des défauts, j’aurais aimé un peu plus de stabilité. Moi, je préfère les talons coqués qui apportent du maintien, mais ceux qui aiment l’arrière souple de la Genesis 1 seront contents. J’aurais aussi aimé un poil plus d’accroche tout à l’avant du pied.

On parle quand même de détails. Elle n’est même pas très lourde avec ses 300 g en 46. À 160 €, elle est à peu près au prix de l’Agility Peak 6, et que la S-Lab Genesis 1.

Durabilité

Elles ont 60 km pour l’instant, donc je manque de recul. Ce que je peux vous dire, c’est qu’il n’y a aucune usure prématurée, alors que je les ai emmenées dans du technique.

La mousse est nickel, les crampons sont en bon état, le mesh n’a pas bougé et la guêtre ne s’est abîmée nulle part. Elle est juste sale. Il faudra voir sur le long terme, mais pour l’instant je pense que la durabilité sera bonne.

Pour quelle utilisation ?

Pour l’ultra, malgré son nom, je ne sais pas trop. Je la trouve très proche d’une Agility Peak 6 avec un peu moins de stabilité. Si vous avez besoin d’une grosse stabilité sur ultra, elle n’est pas forcément le bon choix.

De mon côté, je n’arrive pas à faire un ultra entier en Agility Peak 6. Sur l’Échappée Belle, je l’ai gardée 16 heures avant de passer à une chaussure plus moelleuse. Je me vois bien porter la Offtrail Ultra 10, 15 ou 16 heures, mais pour un ultra complet, ça dépendra de votre sensibilité et de l’amorti que vous recherchez.

Certains font des ultras avec des chaussures très light, et ils s’en contenteront très bien. Si vous aimez avoir beaucoup d’amorti, elle ne vous conviendra sans doute pas sur ces distances. Le stack est quand même de près de 30 mm, sans être aussi haut que les 40 mm des chaussures les plus amorties, mais la mousse n’est pas ultra moelleuse.

La stabilité compte aussi. Si vos stabilisateurs ont besoin d’être aidés par la chaussure, comme les miens, vous aurez peut-être du mal à faire un ultra avec. Si vous vous voyez faire un ultra en S-Lab Genesis 1, vous pourrez le faire en Offtrail Ultra sans problème.

Par contre, pour tout ce qui va de 30 ou 40 km jusqu’à 100 ou 120 km, je n’ai aucun doute, même en terrain accidenté. J’étais à l’aise avec elle en terrain montagneux comme sur du roulant, et grâce au rocker, on peut même l’utiliser sur des courses où ça court. Sur les Templiers ou sur l’UT4M, avec sa fin plus roulante, elle ne m’aurait pas choqué.

Je mettrais juste une réserve sur les courses où il faut beaucoup de stabilité. Sur une Échappée Belle ou une Restonica, je ne suis pas sûr que je l’aurais prise.

Bref, c’est une chaussure très polyvalente, très aboutie et adaptée à la longue distance, avec beaucoup de points positifs. Pour moi, The North Face a fait un très beau coup avec ce modèle.

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