3e au scratch du TOR des GÉANTS, 12h sous son RECORD – Comment s’entraîne Katharina HARTMUTH ?

Publié le 23 Sep 2026 · Par Margaux de Chanaleilles · Temps de lecture ~4 min.

3e au scratch du TOR des GÉANTS, 12h sous son RECORD – Comment s'entraîne seule Katharina HARTMUTH ?

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3e au scratch du TOR des GÉANTS, 12h sous son RECORD – Comment s'entraîne seule Katharina HARTMUTH ?

Dans cet épisode, j’ai eu le plaisir de recevoir Katharina Hartmuth, ma toute première invitée non francophone. Coureuse allemande de 31 ans installée en Suisse, elle court sur les sentiers depuis une dizaine d’années et porte les couleurs de Hoka depuis quatre ans. Son palmarès impressionne. Elle a remporté le Tor des Géants 2024 en 79 h 10, devenant la première femme sous les 80 heures et prenant la septième place au général. Elle a signé deux podiums à l’UTMB, deux autres sur la Hardrock 100, une victoire à Madère en avril 2026 et, en juillet, le record féminin du Bob Graham Round en 14 h 11 min 58 s. Docteure en sciences du climat, elle met aujourd’hui sa carrière de chercheuse entre parenthèses pour se consacrer entièrement à la course pendant quelques années.

Tout a commencé il y a une dizaine d’années, sur un ravitaillement de nuit de l’Eiger Ultra Trail où elle était bénévole. Elle voyait passer des gens ordinaires, de toutes tailles et de toutes morphologies, qui couraient 100 kilomètres dans la nuit. Elle n’imaginait pas pouvoir un jour en faire autant. Cette fascination l’a menée d’un 20 kilomètres à un marathon, puis à un premier ultra de 60 kilomètres. En 2021, la course a été annulée à cause du Covid, et elle a parcouru les 100 kilomètres seule, en projet personnel. Elle est ensuite revenue sur la ligne de départ, cette fois comme coureuse. Pour elle, 2023 marque le vrai tournant, avec une deuxième place aux championnats du monde de trail long puis une deuxième place à l’UTMB, alors qu’elle ne comptait pas encore s’y aligner.

L’entraînement de Katharina Hartmuth

Katharina n’a jamais eu d’entraîneur. Étudiante en Suisse, elle n’en avait pas les moyens, et après six ou sept ans à s’entraîner seule, l’idée qu’on lui dise quoi faire lui paraîtrait presque étrange. Elle s’appuie sur la littérature scientifique, qu’elle suit depuis ses années de triathlon, et sur les échanges avec ses coéquipiers de Hoka. Elle pilote son volume en heures, avec des repères approximatifs en kilomètres et en dénivelé. Pour le Tor, elle enchaîne un long bloc de semaines autour de 30 heures. Pour une course comme Madère, sa semaine clé monte plutôt à 35 heures, entourée de semaines d’environ 24 heures.

Elle conserve du travail au seuil même pour une course de 80 heures, mais toujours en montée et avec des fractions plus longues, par exemple 3 fois 20 minutes au lieu de 6 fois 4 minutes. Cet hiver, elle a surtout travaillé pour courir davantage dans les montées et oser des descentes plus engagées sur les formats de 100 kilomètres. La préparation du Tor comporte aussi une part d’entraînement sur fatigue, avec une très grosse journée enchaînée sur une séance exigeante et des sorties de nuit pour apprivoiser le manque de sommeil. Elle reste pourtant à l’écoute de son corps, et elle n’hésite pas à remplacer une sortie longue par un jour de repos.

Le vélo reste un pilier de son entraînement. Elle l’utilise pour ajouter du volume sans impact, pour travailler le seuil en montée au capteur de puissance, et surtout pour rester à l’abri des blessures qui la frappaient quand elle ne faisait que courir. À pied, elle se fie davantage à ses sensations qu’aux chiffres, avec un contrôle ponctuel de la fréquence cardiaque. Elle complète avec deux à trois séances de renforcement par semaine en hiver et un peu de natation pour récupérer. Elle a enfin revu son rapport à l’altitude. Elle la réserve aux courses qui l’exigent, comme la Hardrock, et préfère aux 3 000 mètres du Colorado une altitude intermédiaire autour de 2 000 mètres, où elle récupère mieux.

Au-delà des résultats, Katharina court toujours contre le chrono et jamais contre ses adversaires. Elle se fixe des objectifs de temps, presque jamais de place, car elle ne peut pas influencer la course des autres. Elle préfère finir cinquième ou dixième en étant satisfaite de sa course plutôt que de gagner sans l’être. Son grand objectif de carrière ne consiste d’ailleurs pas à gagner une course précise. Elle veut découvrir la meilleure version d’elle-même sur les sentiers.

Extraits de l’épisode avec Katharina Hartmuth

Cours-tu contre le chrono ou contre tes adversaires ? « Je cours toujours contre le chrono. Ce que font les autres athlètes, je ne peux pas l’influencer. Je préfère être cinquième ou dixième et vraiment satisfaite de ma course plutôt que de gagner sans en être contente. »

Quel message aimerais-tu transmettre ? « Croyez toujours en vous et n’écoutez pas trop ce que les autres disent. C’est ton rêve, ton objectif et ta vie. L’échec fait partie du processus, et il te rend meilleure au final. »

Qu’est-ce qui fait de toi l’athlète que tu es aujourd’hui ? « Ce sont toutes les déceptions et tous les moments difficiles. Les succès donnent confiance, mais ce sont surtout les revers qui façonnent qui tu es et ta façon d’aborder la course. »

Les chaussures de Katharina Hartmuth

Pour suivre l’actualité de mon invitée : https://www.instagram.com/galileo1307/